Facebook Twitter Flickr E-mail RSS
magnify
Home » Vie du projet » « Le design sera citoyen » : six propositions de design pour le projet #citoyenscapteurs
formats

« Le design sera citoyen » : six propositions de design pour le projet #citoyenscapteurs

Après avoir rencontré des métrologues, informaticiens, électroniciens, l’association Labo Citoyen a pris l’initiative de s’interroger sur ce que pourrait être le design d’un outil de mesure de la qualité de l’air mis à la disposition des citoyens. Comme le disait récemment un de nos interlocuteurs : dans de nombreux projets qui se développent aujourd’hui la qualité de la mesure est malheureusement la variable d’ajustement de ces dispositifs au profit d’un design d’objet attrayant.

C’est donc avec soin et sur la recommandation d’un des spécialistes de la question du design, Nicolas Nova, que les animateurs du Labo Citoyens accompagnés de Nicolas Maisonneuve, chercheur en informatique ont pris l’initiative de se tourner vers l’Ecole de Design Industriel, Strate College pour qui l’approche usage est un des principes fondateurs.

C’est de cette rencontre avec Dominique Sciamma et son équipe enseignante, Olivier Beune et David L’Hôte qu’est née cette idée de proposer un workshop à une vingtaine d’étudiants de 4ième année intitulé « #designcitoyen« . Au-delà du simple design d’un objet technique, le défi qu’ont rélevé les étudiants avec beaucoup de motivation a été d’imaginer à la fois des propositions d’usages des ces capteurs et des publics relais porteurs du dispositif. Autre contrainte donnée aux étudiants, celle de proposer des dispositifs peu onéreux pouvant de éventuellement se répliquer dans des lieux de type FabLab.

A l’issue de cette semaine durant laquelle les animateurs de l’association Labo Citoyen, les enseignants du Strate College et les étudiants ont travaillé en lien étroit, six projets ont été présentés dans le cadre du Forum Netexplo qui se déroulait à l’Unesco les 14 et 15 février.

Le premier projet particulièrement prometteur et intitulé « Nanan’AIR » s’est orienté vers un public de nourrices en leur proposant de ce doter d’un capteur d’air intérieur et extérieur. Ce capteur doté d’une jauge permet non seulement aux  nourrices de connaître la qualité de l’air à l’endroit où elles se trouvent avec les enfants dont elles ont la charge, mais permet aussi d’avertir les autres (notamment par sms) de la qualité de l’air dans les parcs qu’elles ont l’habitude de fréquenter. L’objet lui-même a été pensé de manière à tenir compte des caractéristiques techniques des capteurs ; le matériau ne devant pas interférer dans la mesure.


Le second projet réalisé par les étudiants du Strate College, intitulé « Besoind’AIR » intéressera tout particulièrement les cyclistes puisqu’il réutilise le fameux bidon d’eau. Cyclistes nous-mêmes, nous nous sommes longtemps interrogés sur l’endroit où mettre le capteur sans qu’il gêne trop le cycliste. L’idée de ces étudiants est de sectionner un bidon en deux et d’introduire le capteur, un gps et un dispositif de communication à l’intérieur. Le cycliste peut ainsi vérifier en temps réel la qualité de l’air sur son trajet grâce à des diodes de couleur placées sur le bidon, enregistrer ses parcours et leurs niveaux de pollution et les partager sur une application smartphone dédiée.

 

Troisième projet, particulièrement stimulant lui aussi, le projet de doudou urbain, « Poulpy ». Ce petit jouet à l’allure de WALL-E dans lequel est embarqué un capteur, est destiné aux écoles qui ont l’habitude confier chaque soir un doudou à un enfant différent. Poulpy, la petite pieuvre pourra ainsi renseigner l’enfant et ses parents sur la qualité de l’air sur les trajets de l’école, sourire ou au contraire se renfrogner grâce à un élégant système de led de couleur. Poulpy pourra aussi enregistrer les données de pollution sur une carte SD qui pourra être  lue en classe sur une application cartographique dédiée. Les étudiants ont particulièrement travaillé sur l’aspect pratique de l’objet qui doit pouvoir s’accrocher partout et qui peut être réalisé soi-même ou dans des atelier de couture à partir de patrons diffusés sur un site web.

Encore un projet plein de virtuosité : le projet « SenseTower » qui s’inscrit dans une démarche plus militante en proposant un capteur à mi-chemin entre le galet et le yoyo. Ce design permet soit de lancer le capteur dans des endroits inaccessibles, soit de l’accrocher par le fil à un pont ou un balcon. Autre aspect intéressant de ce projet, celui de proposer une véritable démarche de mobilisation avec l’idée de déployer une bibliothèque de capteurs, une « captothèque » mis à la disposition de tous ceux qui auraient l’envie de réaliser des mesures de pollution dans leur entourage.

 

Avant dernier projet et non des moindres, le projet « Trail’AIR » qui a suivi jusque dans les moindre détails la logique de campagne de sensibilisation autour de la qualité de l’air. A partir de 5 triporteurs sur lesquels seront embarqués des panneaux d’information et de sensibilisation et qui seront mis à la disposition d’associations, les étudiants ont imaginé une campagne devant conduire à une Journée de l’Air en passant par un « Capsule Day » visant à vendre des canettes d’air pur pour financer l’association, un « FlashSmog », visant à sensibiliser le public autour d’un problème local  ou des « Ballondays » qui proposerait aux citoyens d’accrocher à leur fenêtre un ballon contenant une diode pour manifester son soutien à l’association.

 

Dernier projet, CityCare qui propose de déployer un réseau de capteurs dans des commerces de proximité. L’idée est de proposer aux commerçants d’installer un capteurs sur la façade de leur commerce, de placer une lampe dans leur magasin qui renvoie les données sous forme de couleurs différentes et de réaliser une signalétique spécifique sur la vitrine qui permettrait via Qr Code ou puce NFC de se connecter à une application mobile qui renverrais les données de mesures de la qualité de l’air. L’originalité de ce projet est d’un point de vue design est de proposer soit une lampe disponible sur Makerbot (réalisable donc à partir d’une imprimante 3D), soit de ne fournir qu’un support permettant au capteur de communiquer avec la lampe et de faire varier les couleurs de l’ampoule.

 

 

Cette expérience fut une expérience unique, pleine d’intelligence, de virtuosité et de passion pour permettre au public de s’approprier les problématiques de la mesure de la pollution. Elle appelle d’autres développement qui ne manqueront pas de s’imaginer dans les jours qui viennent.

L’association Labo Citoyen tient à remercier chaleureusement Dominique Sciamma, son équipe d’enseignants, Olivier Beune et David L’Hôte, les étudiants de 4ième année en design industriel du Strate Collège pour leur accueil et leur compétence mise au service pendant une semaine du projet Citoyens Capteurs.

 

 
 Share on Facebook Share on Twitter Share on Reddit Share on LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

© Le Labo Citoyen
credit